Réflexions dans une allée du Jardin des Plantes...

Publié le par M. Aurangé

Réflexions dans une allée du Jardin des Plantes...

J’avançais dans la grande allée bordée de tournesols. Autant de soleils qui m’observaient, comme de grands géants hirsutes. J’imaginais ce qu’ils pouvaient penser de moi, qui déambulais tel un fantôme en cette lumineuse journée estivale. Le ciel d’un bleu presque écrasant laissait passer quelques nuages. Plus rien ne me séparait des cieux, semblait-il. Si j’avais eu le pouvoir de voler, sans doute y serais-je allée me réfugier, dans cette douce chaleur cotonneuse, dans la béatitude d’un esprit omniscient.

J’étais reliée par un fil invisible à un être inconsistant. Une âme trop grande pour le corps qui devait la recevoir, un esprit trop alambiqué pour la laisser s’exprimer. Dans la matérialité, ce lien n’était que chaos, mais je continuais à le sentir vivre en moi. Chaque fois, cela me donnait le vertige. Exténuée, j’aurais aimé m’assoir sur un banc, mais une autre force me poussait à marcher. Marcher vers où, vers quoi ?

Dans cette allée d’héliotropes, j’avais échoué presque par hasard, ou plutôt, c’est ici que je devais être, à cet instant. La nature est une cathédrale vivante.

Il me faudra encore du temps avant de saisir toute l’ampleur du changement soudain qui s’est produit dans ma vie. L’importance de certains lieux, pourquoi faut-il descendre dans les ténèbres pour voir la lumière vers laquelle on doit tendre. Pourquoi certains confondent la lumière d’une bougie avec celle du soleil.

Réflexions dans une allée du Jardin des Plantes...

Ils étaient là, ces tournesols, ces soleils, comme autant de lumières montrant des voies différentes et peut-être étais-je ici pour comprendre qu’il existe autant de chemins que d’hommes, aucun n’est mieux qu’un autre. Tous les soleils se ressemblent, certains sont plus ou moins grands, plus ou moins gros… Mais ce sont des soleils.

Il faut juste savoir que l’éclaireur n’est pas forcément là pour nous accompagner, il nous montre le chemin, puis il s’en va poursuivre le sien.

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P
Bonsoir Marlène
C'est au creux de la nature que l'on ressent les choses invisibles, comme un appel de l'Univers qui nous ouvre une voie...
Belle réflexion...
Bisous et douce soirée à toi
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M
Beau texte, une cathédrale de verdure c'est les arbres pour moi, j'aime !
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M
Merci beaucoup ! La nature est une cathédrale, pour moi, dans le sens où elle invite à la contemplation, au recueillement... à se retrouver soi-même.