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Poème XXV - Pluie d'étoiles

Publié le par M. Aurangé

A Sandrine...

Elle attrape les étoiles dans ses filets
Loin d’elle, les démons se débattent
Et gesticulent, inutiles acrobates
Sous ses pieds au tréfonds du passé

Elle danse au milieu d’une pluie d’or
Comme touchée d’une grâce divine
Entraînant dans sa ronde enfantine
Les éberlués assoupis de l’hellébore

Indomptable qui ne fut épargnée
Si le destin est gravé dans la pierre
Elle a su comment l’effacer
Pour le réécrire à sa manière

Intouchable des heures assassines
Elles ne sont désormais plus qu’un décor
Se dissipant aux lueurs de l’aurore
En une inoffensive bruine

Fleur fragile et résistante
Elle voit venir une ère bienveillante
Qui joue son aubade sur un air ancestral
Pour un coquelicot sous une pluie d’étoiles

Marlène Aurangé

Coquelicot, par Sylvain Collet (Source : http://www.mabellephoto.com/blog/tag/photos-dart/)

Coquelicot, par Sylvain Collet (Source : http://www.mabellephoto.com/blog/tag/photos-dart/)

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Poème XXIV - Au-delà des vanités

Publié le par M. Aurangé

Les années passent et les siècles aussi
Couvrant de l’oubli les plaies du passé
Diluant la souffrance dans la banalité
Du temps paisible que la peur engourdit

Se croyant du mal à l’abri
L’Homme bâtit ses projets heureux
Et comme partout le soleil luit
Pense que toujours le ciel sera bleu

Mais les vents contraires, invisibles
Se meuvent avec plus grande violence
L’Homme se croyait invincible
Installé dans son insouciance

Il se souvient alors de la liberté
Qu’il avait si chèrement acquise
Et dans son esprit, enfin délivrée
Vient l’absoudre de ses méprises

Bien au-delà des apparences
Et des méandres de l’illusion
Que l’esprit trompé ensemence
Croît la véritable moisson

Elle n’est point celle de ce qu’il a,
Dans la matière, emprisonné
Mais de l’essence de ce qu’il est,
Loin de toutes vanités.

Marlène Aurangé

Jan Sanders van Hemessen (né à Hemiksen vers 1500 - mort à Anvers (?) vers 1560), huile sur bois, 90 x 73 cm, Vanité, vers 1535-1540 (Source : http://www.pba-lille.fr/spip.php?article38)

Jan Sanders van Hemessen (né à Hemiksen vers 1500 - mort à Anvers (?) vers 1560), huile sur bois, 90 x 73 cm, Vanité, vers 1535-1540 (Source : http://www.pba-lille.fr/spip.php?article38)

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Poème XXIII - Point du jour

Publié le par M. Aurangé

Une aube nouvelle se lève
Sur mes jours fatigués
Vieux tronc encore empli de sève
Printemps inespéré

Une ère nouvelle commence
Pour le monde ici-bas
Qui toutes les montagnes balance
Les glaces volent en éclats

Le point du jour arrive
A ceux qui l'attendaient
Les yeux fixés sur la rive
Du fleuve de larmes épais

Le sourire revient au foyer
Allumer l'étincelle
Des chants éveillent les vallées
Pour monter jusqu'au ciel

Marlène Aurangé

Point du jour, Claude Maitrey (source : claudemaitrey.eklablog.com)

Point du jour, Claude Maitrey (source : claudemaitrey.eklablog.com)

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Tu seras un homme, mon fils - Rudyard Kipling

Publié le par M. Aurangé

Jeune homme nu assis, Hyppolyte Flandrin, 1855
Jeune homme nu assis, Hyppolyte Flandrin, 1855

Célèbre poème qu'il est toujours bon de relire ou de se le remémorer, "Si" (en anglais "If") est un poème de Rudyard Kipling écrit en 1895 et publié en 1910 dans Rewards and Fairies. Evocation de la vertu britannique de l'ère victorienne, il a été notamment adapté par André Maurois dans son livre Les Silences du colonel Bramble (1918), sous le titre "Tu seras un homme, mon fils".

La traduction d'André Maurois (ici retranscrite), si elle n'est véritablement fidèle au texte d'origine que par quelques vers traduits directement, reprend l'idée fondamentale du poème. La régularité des vers et des rimes donne au texte français toute sa force et sa sensibilité.

Si tu peux voir détruit l’ouvrage de ta vie
Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir,
Ou perdre d’un seul coup le gain de cent parties
Sans un geste et sans un soupir ;

Si tu peux être amant sans être fou d’amour,
Si tu peux être fort sans cesser d’être tendre
Et, te sentant haï, sans haïr à ton tour,
Pourtant lutter et te défendre ;

Si tu peux supporter d’entendre tes paroles
Travesties par des gueux pour exciter des sots,
Et d’entendre mentir sur toi leurs bouches folles
Sans mentir toi-même d’un seul mot ;

Si tu peux rester digne en étant populaire,
Si tu peux rester peuple en conseillant les rois
Et si tu peux aimer tous tes amis en frère
Sans qu’aucun d’eux soit tout pour toi ;

Si tu sais méditer, observer et connaître
Sans jamais devenir sceptique ou destructeur,
Rêver, mais sans laisser le rêve être ton maître,
Penser sans n’être qu’un penseur ;

Si tu peux être dur sans jamais être en rage,
Si tu peux être brave et jamais imprudent,
Si tu sais être bon, si tu sais être sage
Sans être moral ni pédant ;

Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite
Et recevoir ces deux menteurs d’un même front,
Si tu peux conserver ton courage et ta tête
Quand tous les autres les perdront,

Alors les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire
Seront à tout jamais tes esclaves soumis
Et, ce qui vaut bien mieux que les Rois et la Gloire,

Tu seras un homme, mon fils.

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