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Poème XVI - Duel sur la montagne

Publié le par M. Aurangé

(Quand le vent, tard, souffle...)

Du haut de ces montagnes
Le vent hurlait sans fin
Me murmurant sans hargne
Il troublait mon chemin.
D'une prodigieuse tempête
Il semblait être l'auteur
Animateur de la fête
Il se voulait moqueur.

Sifflant à mes oreilles
Il m'entourait de froid
Piquant telle l'abeille
Il engagea le tournoi.
De son épée de glace
Il voulut me toucher
Emmitouflé d'audace
Je résistai avec succès.

Une bourrasque de flocons
Il m'envoya soudain
Affamé et glouton
J'avalai cette glace sans parfum
Gelé dans son essence
Il n'exhalait plus rien.

Attendant l'éveil des sens,
Je poursuivais mon chemin
Mes papilles ayant fait sa connaissance
J'avais établi le lien,
Pouvais goûter au sublime de sa patience
Et à la saveur de ses desseins.

Telle une frêle brindille
Je me sentis élevé
Observé des étoiles qui brillent.
Amants, nous étions enlacés
Me caressant, me câlinant
Le vent de ses sens m'emportait.

La montagne aux hostiles arêtes
Semblait un lointain songe
Relation imparfaite, étourdi, je perdais la tête.
Sourd aux mensonges qui me rongent
Me voilà qui plonge.

Enveloppé de blanc,
Le vent désormais me porte.
Au gré des événements
Il est ma seule escorte
Fort tel un roc,
Puissance sans équivoque.

Sur la voie déblayée,
Le labyrinthe est éclairé
De ces sommets,
Je reviens victorieux et réveillé.

Marlène Aurangé et Christophe Peñaranda, avec la participation de Nathalie Mougenot

Le Coup de vent, Huile sur toile, Camille Corot, 1870

Le Coup de vent, Huile sur toile, Camille Corot, 1870

Publié dans Poèmes collaboratifs

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Poème XV - Petite création de la Nature

Publié le par M. Aurangé

Tel un ange tombé du ciel
Petite plume blanche si frêle

Beauté presque imperceptible
Viendrais-tu de l'invisible ?

De ce duvet éclatant
L'on ferait une robe de fée
Et de ces ailes, en un battement
Tu t'élèves, hors de portée

Voletant dans la lumière
Tu brilles, paillette d'or

La Nature a choyé la Terre
En créant de tels trésors

Marlène Aurangé

Wooly Aphid - Photographie de Jessica Walliser

Wooly Aphid - Photographie de Jessica Walliser

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Poème XIV - Les Amants du Pont Vert

Publié le par M. Aurangé

Les amants du Pont Vert
Aimaient se contempler
Les yeux bleus, les yeux verts
Jamais ne se quittaient

Sur le pont ils montèrent
La Seine au-dessous d'eux
Longtemps il regardèrent
La colline et les feux

Les feux de leurs deux coeurs
Brûlaient intensément
Semblaient vibrer en choeur...

Mais semblaient, seulement

Marlène Aurangé

La Seine, Rouen (photo : Marlène Aurangé)

La Seine, Rouen (photo : Marlène Aurangé)

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Réflexions dans une allée du Jardin des Plantes...

Publié le par M. Aurangé

Réflexions dans une allée du Jardin des Plantes...

J’avançais dans la grande allée bordée de tournesols. Autant de soleils qui m’observaient, comme de grands géants hirsutes. J’imaginais ce qu’ils pouvaient penser de moi, qui déambulais tel un fantôme en cette lumineuse journée estivale. Le ciel d’un bleu presque écrasant laissait passer quelques nuages. Plus rien ne me séparait des cieux, semblait-il. Si j’avais eu le pouvoir de voler, sans doute y serais-je allée me réfugier, dans cette douce chaleur cotonneuse, dans la béatitude d’un esprit omniscient.

J’étais reliée par un fil invisible à un être inconsistant. Une âme trop grande pour le corps qui devait la recevoir, un esprit trop alambiqué pour la laisser s’exprimer. Dans la matérialité, ce lien n’était que chaos, mais je continuais à le sentir vivre en moi. Chaque fois, cela me donnait le vertige. Exténuée, j’aurais aimé m’assoir sur un banc, mais une autre force me poussait à marcher. Marcher vers où, vers quoi ?

Dans cette allée d’héliotropes, j’avais échoué presque par hasard, ou plutôt, c’est ici que je devais être, à cet instant. La nature est une cathédrale vivante.

Il me faudra encore du temps avant de saisir toute l’ampleur du changement soudain qui s’est produit dans ma vie. L’importance de certains lieux, pourquoi faut-il descendre dans les ténèbres pour voir la lumière vers laquelle on doit tendre. Pourquoi certains confondent la lumière d’une bougie avec celle du soleil.

Réflexions dans une allée du Jardin des Plantes...

Ils étaient là, ces tournesols, ces soleils, comme autant de lumières montrant des voies différentes et peut-être étais-je ici pour comprendre qu’il existe autant de chemins que d’hommes, aucun n’est mieux qu’un autre. Tous les soleils se ressemblent, certains sont plus ou moins grands, plus ou moins gros… Mais ce sont des soleils.

Il faut juste savoir que l’éclaireur n’est pas forcément là pour nous accompagner, il nous montre le chemin, puis il s’en va poursuivre le sien.

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Poème XIII - Sainte-Baume

Publié le par M. Aurangé

Le Soleil lance son premier rayon
Par-dessus cette crête millénaire
Illumine les champs et les maisons
De sa lumière rose éphémère

Dans la prairie endormie
Doucement s'ouvrent les fleurs
Et les arbres de rosée tous épanouis
Boivent ce cadeau des premières heures

Une cloche retentit, l'écho le lui rend
Et ce son mélodieux plus loin encore se répand

Il vient rendre hommage
A celle qu'à travers les âges
Ici l'on a rendu grâce
Et dans la forêt sauvage
Qui son essence sacrée propage
Partout l'on retrouve sa trace

Guidant les pas du pèlerin
Comme ceux de qui ne sait encore
Sa présence évolue dans cet écrin
Vivante à ceux qui ouvrent leur coeur

La Lune au-dessus veille
Dans son croissant elle berce les âmes
Belle Sainte, si les Hommes ne sont tous pareils
Rien en eux tu ne condamnes

Comme des plumes blanches, frêles vies
Ils sont apaisés de leur pénitence
Car ton Amour est si pur et infini
Qu'il dissipe toute souffrance.

Marlène Aurangé

Sainte-Baume, hostellerie, forêt, grotte de Sainte Marie-Madeleine (photo : Marlène Aurangé)

Sainte-Baume, hostellerie, forêt, grotte de Sainte Marie-Madeleine (photo : Marlène Aurangé)

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Poème XII - L'Odyssée Intérieure

Publié le par M. Aurangé

(Poème écrit à quatre mains, ou plutôt, deux esprits...)

Au milieu de mon chemin de vie,
De mes royales pensées plus d'écho
Pris en otage par la nuit,
Mon cœur fut saisi en étau

Esclave de mes naïves émotions
En proie aux humeurs de mon inconscient
Aveuglé de passions, je voguais à l'abandon
Loin des rivages qui m'étaient si rassurants

Voiles dehors, dégonflées de mon orgueil,
Nulle boussole, nul compas, seule la carte de mes sentiments
De Charybde en Scylla, j'évitais les écueils
Et m'aventurais vers la lumière du firmament

Guidé par l'opéra des Sirènes, résonance à mes peurs
Sur ce trajet droit sans courbe, brisé par la houle
Je comptais de ma vie toutes les peines, tous les heurts
Et de doutes en épreuves, échappai à la Goule

Cruelle solitude ! A la recherche de la toison dorée,
Hallucinante Nekuia
Perdu sans la force d'Hercule face aux démons facétieux
Eternelle béatitude ! Tourné vers le ciel étoilé,
Tel figé par son éclat
De la perdition surgit en moi une autre force venant des cieux

Encore effrayé de ces sensations nouvelles non maîtrisées,
Je ressens le besoin de la terre et d'en rapprocher mon ancre,
D'y ramener mon esprit, comme à un fil accroché,
Mais déjà la plume divine l'a teinté de son encre

A l'astre orangé, je rends grâce de sa compagnie dans cette odyssée,
Procession de mes cellules originelles, trouvant le chemin sur la route des Hommes
Comme ceux qui portèrent les prophètes, odyssée touchant à la vérité
Elle vient envelopper mon âme de sa protection, tel un délicat baume

Je reprends possession de mes pas sans négation de mon être
Je veux vibrer à l'unisson, m'accorder au monde sans raison,
Découvrir ma nature profonde, me dérober du paraître
Et rayonner tel un phare aux confins de l'horizon.

Marlène Aurangé et Christophe Peñaranda

L'Odyssée (arrivée d'Ulysse à Bonifacio), Hubert Canonici, acrylique sur toile (source : http://canonici.skyrock.com)

L'Odyssée (arrivée d'Ulysse à Bonifacio), Hubert Canonici, acrylique sur toile (source : http://canonici.skyrock.com)

Publié dans Poèmes collaboratifs

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Coiffes de Bretagne

Publié le par M. Aurangé

Coiffes de Bretagne

Je signale la publication récente d'un ouvrage sur les coiffes bretonnes, réalisé par Yann Gesdon, déjà auteur des "Costumes traditionnels de Bretagne".

Yann Guesdon, journaliste, s'intéresse aux coiffes depuis 40 ans.

L'auteur propose une approche renouvelée de ce symbole de la Bretagne, signe extérieur d'une identité, de l'appartenance à un pays ou a une paroisse, dont il a répertorié environ 400 variantes.

Richement illustré, il s'appuie notamment sur la "collection de Keriolet", rassemblée à la fin du XIXème siècle.

Pour en savoir plus, je conseille la lecture des deux articles ci-dessous, l'un sur l'histoire et la signification des coiffes, l'autre sur l'ouvrage de Yann Guesdon.

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Poème XI - L'Ombre Noire

Publié le par M. Aurangé

Ô ombre noire qui me hante
Qui jour et nuit me tourmente
Il y a peu tu as surgi
Du voile noir de la nuit

Tel un serpent tu t'es glissée
Dans les failles de mon inconscient
Peu à peu tu y as distillé
Ton amertume, venin déchirant

Mais alors qu'insidieusement
Tu t'affairais à tout salir
A détourner mes sentiments
Vers ceux qui me font haïr

Mon âme t'a reconnue
Et me l'a soufflé à l'oreille
Méfie-toi de la vertu
Les vérités sont en éveil

Ainsi tu repars, ô ombre noire
Maintiens-toi en tes lointains rivages
Tu n'auras plus ici de miroirs
Où refléter ton hideux visage !

Marlène Aurangé

 Peinture de Bernard Fichera, 2008 (Source : http://www.bernard-fichera.com)

Peinture de Bernard Fichera, 2008 (Source : http://www.bernard-fichera.com)

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