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55 articles avec poemes et textes courts

Poème XIV - Les Amants du Pont Vert

Publié le par M. Aurangé

Les amants du Pont Vert
Aimaient se contempler
Les yeux bleus, les yeux verts
Jamais ne se quittaient

Sur le pont ils montèrent
La Seine au-dessous d'eux
Longtemps il regardèrent
La colline et les feux

Les feux de leurs deux coeurs
Brûlaient intensément
Semblaient vibrer en choeur...

Mais semblaient, seulement

Marlène Aurangé

La Seine, Rouen (photo : Marlène Aurangé)

La Seine, Rouen (photo : Marlène Aurangé)

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Réflexions dans une allée du Jardin des Plantes...

Publié le par M. Aurangé

Réflexions dans une allée du Jardin des Plantes...

J’avançais dans la grande allée bordée de tournesols. Autant de soleils qui m’observaient, comme de grands géants hirsutes. J’imaginais ce qu’ils pouvaient penser de moi, qui déambulais tel un fantôme en cette lumineuse journée estivale. Le ciel d’un bleu presque écrasant laissait passer quelques nuages. Plus rien ne me séparait des cieux, semblait-il. Si j’avais eu le pouvoir de voler, sans doute y serais-je allée me réfugier, dans cette douce chaleur cotonneuse, dans la béatitude d’un esprit omniscient.

J’étais reliée par un fil invisible à un être inconsistant. Une âme trop grande pour le corps qui devait la recevoir, un esprit trop alambiqué pour la laisser s’exprimer. Dans la matérialité, ce lien n’était que chaos, mais je continuais à le sentir vivre en moi. Chaque fois, cela me donnait le vertige. Exténuée, j’aurais aimé m’assoir sur un banc, mais une autre force me poussait à marcher. Marcher vers où, vers quoi ?

Dans cette allée d’héliotropes, j’avais échoué presque par hasard, ou plutôt, c’est ici que je devais être, à cet instant. La nature est une cathédrale vivante.

Il me faudra encore du temps avant de saisir toute l’ampleur du changement soudain qui s’est produit dans ma vie. L’importance de certains lieux, pourquoi faut-il descendre dans les ténèbres pour voir la lumière vers laquelle on doit tendre. Pourquoi certains confondent la lumière d’une bougie avec celle du soleil.

Réflexions dans une allée du Jardin des Plantes...

Ils étaient là, ces tournesols, ces soleils, comme autant de lumières montrant des voies différentes et peut-être étais-je ici pour comprendre qu’il existe autant de chemins que d’hommes, aucun n’est mieux qu’un autre. Tous les soleils se ressemblent, certains sont plus ou moins grands, plus ou moins gros… Mais ce sont des soleils.

Il faut juste savoir que l’éclaireur n’est pas forcément là pour nous accompagner, il nous montre le chemin, puis il s’en va poursuivre le sien.

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Poème XIII - Sainte-Baume

Publié le par M. Aurangé

Le Soleil lance son premier rayon
Par-dessus cette crête millénaire
Illumine les champs et les maisons
De sa lumière rose éphémère

Dans la prairie endormie
Doucement s'ouvrent les fleurs
Et les arbres de rosée tous épanouis
Boivent ce cadeau des premières heures

Une cloche retentit, l'écho le lui rend
Et ce son mélodieux plus loin encore se répand

Il vient rendre hommage
A celle qu'à travers les âges
Ici l'on a rendu grâce
Et dans la forêt sauvage
Qui son essence sacrée propage
Partout l'on retrouve sa trace

Guidant les pas du pèlerin
Comme ceux de qui ne sait encore
Sa présence évolue dans cet écrin
Vivante à ceux qui ouvrent leur coeur

La Lune au-dessus veille
Dans son croissant elle berce les âmes
Belle Sainte, si les Hommes ne sont tous pareils
Rien en eux tu ne condamnes

Comme des plumes blanches, frêles vies
Ils sont apaisés de leur pénitence
Car ton Amour est si pur et infini
Qu'il dissipe toute souffrance.

Marlène Aurangé

Sainte-Baume, hostellerie, forêt, grotte de Sainte Marie-Madeleine (photo : Marlène Aurangé)

Sainte-Baume, hostellerie, forêt, grotte de Sainte Marie-Madeleine (photo : Marlène Aurangé)

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Poème XI - L'Ombre Noire

Publié le par M. Aurangé

Ô ombre noire qui me hante
Qui jour et nuit me tourmente
Il y a peu tu as surgi
Du voile noir de la nuit

Tel un serpent tu t'es glissée
Dans les failles de mon inconscient
Peu à peu tu y as distillé
Ton amertume, venin déchirant

Mais alors qu'insidieusement
Tu t'affairais à tout salir
A détourner mes sentiments
Vers ceux qui me font haïr

Mon âme t'a reconnue
Et me l'a soufflé à l'oreille
Méfie-toi de la vertu
Les vérités sont en éveil

Ainsi tu repars, ô ombre noire
Maintiens-toi en tes lointains rivages
Tu n'auras plus ici de miroirs
Où refléter ton hideux visage !

Marlène Aurangé

 Peinture de Bernard Fichera, 2008 (Source : http://www.bernard-fichera.com)

Peinture de Bernard Fichera, 2008 (Source : http://www.bernard-fichera.com)

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Poème X - Se poser quelque part

Publié le par M. Aurangé

Arrêter le fil des pensées
Qui sans cesse nous assaillent
Ces tourments insensés
Ne disent rien qui vaille

Arrêter la course du temps
Que les Hommes veulent gagner
Quel qu'en soit le prix, sombrant
Dans cette vaine lutte effrénée

Se poser quelque part
Où le monde, arrêté
Soudain contemple, hagard
La beauté oubliée.

Marlène Aurangé

Peinture de l'artiste Eric Bruni (2013) - Source : http://www.artmajeur.com

Peinture de l'artiste Eric Bruni (2013) - Source : http://www.artmajeur.com

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Poème IX - Laisse flotter les rubans

Publié le par M. Aurangé

Aux coins des rues où file la vie
Dans les églises où les gens prient
Sur la place où le monde s'affaire
Sur le pont par-dessus la rivière
Laisse flotter les rubans

Lorsqu'un souvenir surgit
Tel un fantôme venu des limbes
Quand il tourmente chaque nuit
Où la Lune de mystère se nimbe
Laisse flotter les rubans

Dans un cœur où règne encore
La douleur des amours passées
Qui ne s'estompent qu'avec remord
Dans un espoir désespéré
Laisse flotter les rubans

Laisse flotter les rubans
Des souvenirs et des promesses
Des sourires et des caresses
Des romances inachevées
Éphémères et dépassées

Laisse aller les espérances
Et les heures de pénitence
Pour renaître à la vie
Laisse flotter... et souris

Marlène Aurangé

Source : http://yurtao.canalblog.com

Source : http://yurtao.canalblog.com

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Poème VIII - Le Vide (Il est venu le temps...)

Publié le par M. Aurangé

Il est venu le temps où chacun prend sa route
Dans les brumes incertaines des lendemains
Les chemins se séparent, il n'y a plus de doute
Et chacun doit maintenant suivre son destin.

Faut-il tourner le dos ou marcher à l'envers
S'enfuir devant l'incompréhension ou lutter
Peu importe le choix, car dans tout l'Univers
Résonnera toujours cette histoire avortée.

La Lune qui brille rend plus beau le vide autour
L'éclat du Soleil rend terne la lumière du jour
Et les étoiles disparaissent devant tant de clinquant
Mais ce qui ne se voit, n'est pas forcément absent.

Le vide est la force, centre de l'ouragan
En son sein tout est là, tout et rien en même temps
Et si le silence est aujourd'hui la loi
C'est par lui qu'un jour, tout nous reviendra.

Marlène Aurangé

La Grande Vague de Kanagawa, Estampe japonaise, gravure sur bois,Hokusai, 1830 ou 1831

La Grande Vague de Kanagawa, Estampe japonaise, gravure sur bois,Hokusai, 1830 ou 1831

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L'enseigne rouge

Publié le par M. Aurangé

L'enseigne rouge accueille les habitués comme les voyageurs. En traversant la place où les gens, pressés, se croisent valise à la main, j'imagine le bruit des sabots et les cris des cochers qui devaient emplir ces rues il y a maintenant plus d'un siècle, lorsque les trains en partance de la gare lançaient encore leurs nuages de vapeur.

Le tumulte des cuisines s'entend jusqu'au dehors, déjà, alors que les portes battantes vont et viennent au rythme des clients. Les vitres soignées, sur lesquelles sont affichés ça et là les menus et les tarifs, laissent voir un intérieur traditionnel parisien et animé. Les murs sont tapissés d'un papier à rayures de deux nuances de gris, encadrant un mobilier un peu vieillot de tables typiques des brasseries parisiennes et de banquettes en simili-cuir noir et clous argentés. Le bar s'étend sur la gauche tandis que tables et banquettes s'étendent de la vitre jusqu'au fond de la salle, où la télévision annonce les dernières nouvelles et le temps qu'il fait à qui veut bien l'entendre. Il fait bon vivre à l'intérieur, les clameurs me parviennent comme celles des marins rentrant au port.

Une légère musique populaire se diffuse entre les conversations bruyantes des vieux messieurs à la serviette rouge accrochée au col, qui, avec un rire gras, entrechoquent leurs verres. Quelques femmes, venues en amies déjeuner, discutent discrètement, le sourire aux lèvres.

Et alors que je contemplais cet endroit qui m'avait si longtemps effrayée, non par ce qui s'en dégageait, mais par les faits qui s'y étaient déroulés et que j'étais l'une des seules à connaître, tout me parut banal, comme si tout ce qui avait occupé mon esprit à ce sujet ne devenait que vent.

Souvenirs d'une autre époque, qui ne m'appartient pas et que j'ai pourtant ressentis comme s'il s'agissait des miens.

Marlène Aurangé

Paris, une brasserie - Peinture de Nagao Usui, artiste japonais                                                             (source : www.galerierambaud.com)

Paris, une brasserie - Peinture de Nagao Usui, artiste japonais (source : www.galerierambaud.com)

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Poème VII - Solitude

Publié le par M. Aurangé

(Révision d'un poème de 2003)

Certains soirs d'été,
Il m'arrive de regarder, là-bas,
Le Soleil aux couleurs changeantes de l'horizon
Qui se noie dans l'immensité
Parmi les derniers chants d'oiseaux.

J'aime la solitude,
Les parfums chauds des soirs d'été,
J'en ai bien pris l'habitude,
Et toujours les aimerai.

Lorsque le voile noir de la nuit
Enveloppe le monde d'un manteau de velours,
Je sens monter mon âme vers le feu des étoiles
Mais elles ne me consument pas,non, pas du tout,
Elles ne font que m'éblouir de leur pâle froideur.

J'aime la solitude,
Le calme plat de la nuit noire
J'en ai bien pris l'habitude
Et toujours les aimerai.

J'ai vécu, il le faut bien,
Mille aventures, mais que c'est loin !
Vagues souvenirs d'insouciance et de paix,
Ponctués de rires, de joie, de quiétude

La solitude, alors, n'était plus !

C'était une plage, si grande, où les vagues venaient mourir à nos pieds ;
Ou encore, la douce somnolence sous le soleil brûlant des après-midi d'été

C'est le Passé.
Et aujourd'hui,

J'aime la solitude,
Et le souvenir des jours passés,
J'en ai bien pris l'habitude
Et toujours les aimerai.

J'aime la solitude,
Elle me console et me conseille,
J'en ai bien pris l'habitude,
Et toujours l'aimerai.

Mais est-ce vrai...

Peut-être, un jour,
On m'aidera,
On m'aimera,
Me comprendra,

Loin d'ici,
Ailleurs,
Là-bas,
Où la solitude n'existe pas.

Marlène Aurangé

source : https://photobrebeuf.wordpress.com

source : https://photobrebeuf.wordpress.com

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Poème VI - La Creuse

Publié le par M. Aurangé

Le ciel si bleu et l'air si léger
Les chemins sinueux, les grands champs de blé
Sentent le chèvrefeuille et les arbres là-bas
Frissonnent au vent qui souffle dans les bois

Les grillons, cachés dans les buissons épais
Recouvrant les pierres de ces petits murets
Qui traversent les champs, les bois et les villages
Chantent l'été, le soleil et les paysages

Le chardon côtoie le houx, dans les sous-bois, près des ruisseaux,
Dans les sentiers, dans les hameaux, fleurissent les bleuets et les coquelicots

Pays d'étangs et de rivières
Les ruisseaux coulent entre les pierres
Jaillit l'eau des sources qui s'en va chantant
A travers bois et prés en un filet d'argent

Et les vieilles maisons de granit taillé
Semblent conter leur histoire aux passants
Mystérieuses ou rassurantes, témoins du passé
Que rendent encore plus belles les marques du temps.

Marlène Aurangé - 2008

Poème VI - La Creuse

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